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Christina Aguilera à Los Angeles, en août 2012.

Six ans après s'être peinturlurée les extensions capillaires dans Your Body, la chanteuse indissociable du paysage pop mainstream des années 2000, pousseuse de grognements retentissants revient enfin, amorçant une nouvelle tentative de conquête des charts. Depuis Bionic en 2010, la poupée Bratz grandeur nature accumule les essais de rebondissements : en effet, si l'opus avait expérimenté des sonorités électros surprenantes de la part d'Aguilera, tout en investissant une imagerie s'éloignant de celle « cabaret-friendly » dans laquelle l'interprète de Hurt avait été immortalisée ; l'album n'avait pas rencontré l'intérêt du public, tout en accusant son auteure de dupliquer pâlement les excentricités d’une Lady Gaga en plein décollage, terrassant tout sur son passage. Semblant retenir la leçon, c’était quasiment dans la foulée, qu’Aguilera revenait au cœur d’une ingénieuse stratégie marketing, la faisant renouer avec la « pin-up vibe » l’ayant couronnée de succès du temps de Back to Basics : l’interprète de Beautiful s’attirant l’édifice d’un film avec son nom en tête d’affiche, mais également celui de la monumentale Cher. Malgré un semi-succès, l’aventure Burlesque aura permis à Aguilera de ressusciter sa veine Dita von Teese, sur scène notamment, à coups de prestations aux allures de cabaret promouvant la bande-originale d’un long-métrage calibré pour ses adeptes, là où la véritable vedette de ce dernier était la voix de la star. Là où la chanteuse aura l’ingéniosité de conserver une exposition médiatique en participant durant plusieurs saisons successives à la version américaine de The Voice en tant que jurée – émission qu’elle condamne désormais -, l’ère post-Burlesque sera néanmoins le théâtre de maladresses remarquées faisant les choux gras d’une presse de bas-étage : qu’il s’agisse des accidents menstruelles de la chanteuse aux funérailles d’Etta James, de ses prises de poids, ou encore de son interprétation puissante de l’hymne national au Super Bowl, aux paroles néanmoins involontairement et momentanément revisitées pour le plus grand plaisir des mauvaises langues.

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Burlesque (2010)

Cependant, la chanteuse ne s’est pas laissée abattre puisqu’est paru en 2012 son album Lotus, un projet à l’enthousiasme palpable mais qui de nouveau, a laissé le public dans une indifférence plutôt générale. Si Aguilera a notamment profité de sa présence récurrente dans The Voice pour défendre son disque, ce dernier n’a attiré que 300 000 acheteurs à travers le monde. Si certains ont reproché à l’opus sa reviviscence retardataire d’une pop acidulée façon seconde moitié des années 2000 à l’aube de la décennie suivante, à la manière d’une Katy Perry du temps des One of the Boys et Teenage Dream ; d’autres ont pointé du doigt son emprunt à l’univers bariolé d’une Nicki Minaj en pleine ascension par exemple, notamment lors de la diffusion du clip Your Body – unique vidéo promouvant l’opus – où Aguilera sublimait sa silhouette désormais voluptueuse à souhait, avant que l’écrasante pression médiatique semble l’inciter à fondre comme neige au soleil.

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La chanteuse à la première du film Le Monde secret des Emojis, en juillet 2017.

Depuis ce dernier échec, la carrière musicale de Christina Aguilera a persisté dans une timidité, ainsi qu’une accalmie plutôt constante : entre collaborations remarquées – aux côtés de Pitbull ou encore A Great Big World – ou apparitions scéniques, suscitant régulièrement un vif commentaire médiatique. Comme ce fut notamment le cas en novembre dernier, alors que la chanteuse rendait hommage à l’une de ses idoles, Whitney Houston, aux derniers American Music Awards, s’attirant des louanges aussi véhémentes que les moqueries de certains internautes. Si l’ex-camarade de Britney Spears à l’écurie Disney n’a pas renoué avec les sommets arpentés autrefois, elle reste la titulaire d’une série de tubes, véritables classiques de la fin des années 90 où elle a émergé puis de la décennie 2000, à l’instar de son manifeste Genie In A BottleHurt en passant par Beautiful, Lady Marmelade - figure de proue de la bande-originale du couronné Moulin Rouge -, ou encore Ain’t No Other Man : malgré sa grande discrétion ces dernières années, Christina Aguilera demeure culte dans la mesure où elle fait partie intégrante de l’imaginaire musicale d’une époque.

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Aguilera au Super Bowl, en février 2011.

Récemment, la chanteuse a subtilement, puis progressivement amorcé un retour lattant, que ce soit par un énigmatique et repéré shooting dans le Paper Magazine puis par le passage obligé pour quiconque souhaitant faire regrimper sa côte de popularité a.k.a. le désormais incontournable Carpool Karaoke de James Corden. C’est au début de ce mois-ci qu’Aguilera a choisi de confirmer subitement un retour imminent, publiant Accelerate, premier extrait de sa Liberation qui paraîtra à la mi-juin. Un titre efficace marqué au fer rouge par les influences d’une Beyoncé post-4 ou encore de la Rihanna d’Anti. Si le morceau brille grâce à des beats suaves acérés, il laisse néanmoins un goût amer de frustration dans la mesure où la voix si singulière d’Aguilera semble secondaire, au cœur d’un clip sexy en diable aux airs de making-of d’un shooting à la Terry Richardson, signé Zoey Grossman. Huit ans après Bionic, il semblerait que la chanteuse reste enfermée dans un clivage où sa patte rétro ne connaîtrait plus l’engouement l’ayant couronnée auparavant, et où le mimétisme des consœurs en vogue ferait office de béquille.

 

Lewis